Nous connaissons trop peu et trop mal notre histoire, j’ai donc décidé de me rendre à la Savane des Esclaves qui se trouve aux Trois Ilets dans le sud de la Martinique. Au delà du cadre « an tan lontan » recrée par Gilbert Larose afin de faire connaitre le patrimoine de son île, c’est notre propre histoire que nous découvrons. Pour certains c’est une première car ils n’avaient qu’une vision partielle ou erronée de leur histoire et pour les autres un complément de leur connaissance.

L’animatrice nous explique chaque étape de l’histoire de l’île de la Martinique, depuis les indiens Arawak jusqu’à l’abolition de l’esclavage.

indiens arawak

Habité par les indiens Arawak qui se disputent l’île avec les indiens Caraïbes, la Martinique passera de main en main pendant des siècles. Le commerce triangulaire est mis en place tout d’abord pour commercialiser le café, le coton et le cacao, puis évoluera quand les portugais juifs chassés du Brésil apporteront la canne à sucre. La Martinique se met alors à produire de façon massive du sucre afin de l’exporter en Europe.

Des ethnies de tous les continents se rencontreront parfois de force pour finalement se mélanger et définir notre culture et ce que nous sommes aujourd’hui. Bien que 80% de la population soit noire, c’est surtout une population métissée avec les caucasiens, les indiens et les asiatiques que nous avons.

Les capres, quarterons, coolis et chabins sont tous des types de métissages spécifiques à cette période. Aujourd’hui il est plus difficile de définir avec exactitude notre « type » de métissage. Une famille de 9 enfants par exemple peut avoir autant des enfants, typés indiens, chabins ou noirs. Ainsi nous avons toutes sortes de déclinaisons de peaux noires en fonction de nos ascendants que nous ne soupçonnons même pas.

Canne à sucre Martinique

La savane des esclaves nous plonge à l’époque où les esclaves ne devaient pas non seulement vivre mais aussi survivre par tous les moyens. Ils s’allient aux indiens qui leur font découvrir les propriétés de certaines plantes. Tout ce qui aujourd’hui se soigne de façon chimique se faisait et se fait encore pour certains de façon naturelle.

Les cases familiales sont rustiques et ont généralement une séparation entre la cuisine et la chambre. Le sol est de terre battue séchée et le toit en feuille de canne impénétrable par l’eau.

Cette immersion d’une heure dans l’histoire est une façon différente de réaliser d’où nous venons et tout ce que nous avons accompli. Cela permet aussi de comprendre les disparités et les conflits encore d’actualité entre les Békés et noirs ou encore cette suprématie que les martiniquais vouent à l’homme blanc.

Pour continuer la visite Gilbert Larose a produit une petite BD facile à lire et qui résume en quelques pages toute l’histoire afin de la partager et de ne pas oublier. Pardonnons, avançons oui, mais n’oublions pas…

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